La Reine des Prés… diurétique, fébrifuge, antirhumatismale, emménagogue*
Avant de parler de cette plante magnifique… c’est l’HIVER en Auvergne ! Nous sommes début octobre et les sommets sont saupoudrés de neige. C’est magnifique avec les forêts qui sont en train de prendre leurs couleurs dorées d’automne. Mais c’est un peu tôt pour la neige tout de même.
Bon… retour à la Reine des Prés qui est bel et bien une Reine dans son royaume :)

Cette grande plante vivace de plus de 1 mètre de hauteur forme de belles colonies dans toutes les zones humides de France, d’Europe et d’Asie.
Synonymes
Ulmaire, Vignette, Herbe aux abeilles, Grande potentille, Barbe-de-chèvre, Ornière, Ormère, Pie-de-bouc.
Description
Sa tige dressée, rougeâtre porte des feuilles divisées en folioles* dentées d’un vert vif sur le dessus et blanc cendré en dessous, avec une foliole terminale beaucoup plus grande, profondément divisée en 3 lobes. Les fleurs blanc crème sont disposées en grappes composées s’évadant vers le haut. Les fruits sont de petites boules vertes très odorantes au froissement.
D’ailleurs, en pleine période de floraison c’est un réel plaisir de se promener au milieu des Reines des Prés et de se laisser envahir par leur fragrance… je ne m’en lasse pas !
En Auvergne
La Reine des Prés tient une place privilégiée dans le coeur des Auvergnats qui sont encore nombreux à aller la récolter. Par chance, l’Auvergne n’est pas encore menacée par la disparition des zones humides comme c’est le cas dans de nombreuses autres régions de France.
Pour la petite histoire, cette plante était très employée en médecine vétérinaire. Elle servait en inhalation quand les bêtes avaient un rhume. "On faisait bouillir la plante et on la mettait dans un seau sous les vaches qui respiraient la vapeur et l’odeur"… un autre l’utilisait en tisane quand les vaches avaient des coliques… un autre pour les vaches fiévreuses en particulier quand elles avaient vêlé.
Principaux constituants
La plante renferme des tanins*, des hétérosides* flavoniques, dont le spiréoside, le rutoside et l’hypéroside, et des hétérosides d’acides-phénol* donnant une huile essentielle riche en salicylate de méthyle et en aldéhyde salicylique*.
Usages traditionnels
A la Renaissance, la Reine des Prés est citée comme remède de la dysenterie. Efficace, en effet, contre cette maladie et les diarrhées, elle l’est aussi dans l’inflammation de l’estomac, certaines affectons cardiaques, l’insomnie, les vers intestinaux. Les chimistes du XIXème siècle ont commencé à étudier sa composition.
En 1897, Félix Hoffmann élabore l’acide acétylsalicylique qui fut par la suite commercialisé par les Laboratoires Bayer sous le nom "d’aspirine", "spirée" étant l’ancien nom de la Reine des Prés (inspiré de la forme en spirale de ses fruits).
Propriétés thérapeuthiques
Anti-inflammatoire et anti-rhumatismale, utilisée jadis contre l’oedème généralisé, on découvrit qu’elle était un remède quasi miraculeux contre les douleurs des jointures.
Les fleurs ont d’indéniables propriétés diurétiques. Antispasmodiques et sédatives des douleurs urinaires, elles sont également recommandées contre la goutte, la cellulite, l’artériosclérose… toutes ces maladies dues à une surcharge des déchets dans l’organisme.
Elle réduit l’acidié gastrique et contribue à baisser le niveau d’acidité de l’ensemble de l’organisme, ce qui soulage les problèmes articulaires.
Contrairement à l’aspirine, elle protège les muqueuses de l’estomac et de l’intestin grâce à la combinaison de ses divers principes actifs. En outre, elle ne fluidifie pas le sang.
La richesse en tanin des feuilles les rend efficaces contre les diahrrées.

Utilisation Interne
Il ne faut jamais faire bouillir la plante car cela détruit les salicylates.
Infusion : 50g de fleurs par litres d’eau bouillante (fleurs fraîches ou séchées depuis moins d’un an). Laissez infuser 7 à 10 minutes et prendre 3 à 4 tasses par jour.
Alcoolature : laisser 12 heures en contact 50g de fleurs fraîches et 50g d’alcool à 40% de volume. Filtrer et prendre 1 ou 2 cuillerées à café par jour.
Sirop : il se prépare avec une infusion concentrée de 100g de fleurs par litre d’eau, qu’on laisse 12 heures en contact en récipient couvert. Passer à travers un linge et ajouter 1500g de sucre. Prendre 100 à 200g par jour de ce sirop.
Utilisation externe
L’infusion concentrée est excellente en compresses contre les plaies, les ulcères, les douleurs rhumatismales. Pour ces derniers, on peut appliquer des cataplasmes chauds de fleurs infusées.
Toxicité
La plante est contre-indiquée en cas d’hyper-sensibilité aux salicylates.
Autres usages
Les feuilles, les boutons floraux, les fleurs odorantes ou les fruits parfument agréablement les crèmes, les glaces et les flans. On en aromatise aussi le vin ou d’autres boissons.

Laetitia Paris – PhotoZcool.com
* cf glossaire
[Source : Laetitia Paris, Petit Larousse des Plantes qui guérissent]
L’Arnica des montagnes… pour les coups, maturative et cicatrisante.

Cette plante vivace de 40 à 60 cm de hauteur se rencontre fréquemment dans nos montagnes d’Auvergne, de 1100 m à 1850 m d’altitude. On la trouve sur les prairies naturelles sans fumure, dans les clairières et les bois, sur sols granitiques et volcaniques.
Synonymes
Herbe aux chutes, Arnique des montagnes, Plantain des Alpes, Tabac des Vosges.
Description
Sa tige unique émerge d’une rosette de feuilles vert pâle et porte vers le milieu deux petites feuilles opposées. Elle se termine par un ou plusieurs capitules* jaune d’or, composés d’un coeur de fleurons en tube et d’une couronne de languettes, toute de la même couleur chaude. Les fleurs dégagent une odeur aromatique et ont un goût piquant.
En Auvergne
Les auvergnats savaient bien qu’on pouvait la confondre avec d’autres fleurs. Ils la détaillaient de cette manière : feuilles opposées, lancéolées* et légèrement duveteuses, odeur très particulière, couleur jaune vif. Ceux qui habitaient en altitude allaient la cueillir près de chez eux, mais les auvergnats de la plaine, parfois à l’occasion d’un pèlerinage dans un lieu saint, montaient à pied dans la montagne pour la récolter.
Cette fleur, précieuse entre toutes, était mise à macérer dans de l’eau-de-vie ou de l’alcool.
"Quand on s’était fait un coup, qu’on avait un bleu, on prenait un coton qu’on trempait dans ce jus et on frottait. C’était efficace. Ou même, on sortait simplement une fleur pour frictionner avec, sans coton."
Dans le Cantal, on mettait les fleurs à macérer dans l’huile de noix qui renforçait le côté adoucissant.
Principaux constituants
Les fleurs renferment des pigments caroténoïdes*, des lactones* sesquiterpéniques*, dont l’hélénaline*, des flavonoïdes*, des coumarines* et une essence riche en thymol*.
Usages traditionnels
Les premières propriétés de l’Arnica sont reconnues au Moyen-Age… la plante était utile contre les contusions et les ecchymoses. A la Renaissance, l’italien Matthiole popularisa ce remède dans le traitement des chutes et des coups. Il fallut attendre le XVIIIème siècle pour que soit trouvée la préparation de la teinture à l’Arnica, telle qu’elle est encore utilisée aujourd’hui.
Propriétés thérapeutiques
L’Arnica est préconisé en usage externe contre les contusions, les entorses, les douleurs musculaires et articulaires. Il accélère la résorption des hématomes. On l’utilise sous forme d’onguent, d’huile ou de gel. La teinture doit toujours être diluée dans de l’eau pour prévenir d’éventuelles irritations de la peau. Il faut éviter de l’appliquer sur des plaies et à proximité des yeux et de la bouche.
L’Arnica des montagnes est de plus un important remède homéopathique contre les commotions, les blessures et les douleurs.
Utilisation externe
Les feuilles et les fleurs peuvent être appliquées en cataplasme après avoir été froissées. Les fleurs en décoction dans de l’eau bouillante, 5 à 10 grammes par litre d’eau, sont indiquées contre les contusions et les ecchymoses en compresse très chaude. La même décoction est aussi efficace contre les poux.
Teinture
Faire macérer 200g de fleurs pendant 10 jours dans un litre d’alcool à 60%. Cette teinture ne doit jamais être employée pure, mais toujours étendue d’eau… en compresses sur les contusions, bosses et meurtrissures.

Toxicité
Bien qu’il ait un effet tonique et excitant, l’Arnica est bien trop dangereux pour qu’on puisse le recommander en usage interne. Il peut provoquer, au-delà de 4 à 8 grammes par litre, une altération profonde du système nerveux, avec sueurs froides, céphalées, douleurs abdominales, palpitations et troubles respiratoires… A éviter donc !
Laetitia Paris – PhotoZcool.com
PS : J’ai pris les photos dans la prairie d’estive au-dessus du Lac Pavin en allant photographier Ondes et Cibles.
* cf. Glossaire
[Source : Petit Larousse des Plantes qui guérissent]
La Jusquiame noire… une plante utilisée par les Sorcières d’Auvergne
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Les propriétés de la Jusquiame noire sont connues depuis fort longtemps. En Assyrie et en Babylonie, on l’employait comme hallucinatoire. Les hindous s’en servaient pour anesthésier leurs patients.Les druides quant à eux l’utilisaient pour troubler la raison des personnes et plonger les sorciers qui recouraient aux incantations dans un état second. Pour eux, c’était une plante maudite, mais aussi l’accessoire indispensable aux rites magiques. |
Un exemple d’utilisation par les Druides : en période de sècheresse, il suffisait qu’une vierge entre dans l’eau et se fasse asperger d’une décoction de Jusquiame noire par ses compagnes pour que la pluie tombe.
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La Jusquiame noire est "l’herbe des sorcières"… J’ai pris les photos suivantes dans la Basse-Cour du château de Murol et il me semble bien y avoir également vu de la Datura, une autre plante de "sorcière".
La Jusquiame altère la perception de la réalité et permet d’aller visiter d’autres mondes. Les feuilles, les fleurs et surtout la racine, particulièrement riche en principes actifs, étaient cuites dans de la graisse de mouton pour préparer des onguents. Ceux-ci, afin de mieux pénétrer dans le sang, étaient appliqués sur les parties les plus fines de la peau (les tempes, les aisselles et l’aine).
Au Moyen-Age, certains chirurgiens appliquaient sur la bouche et le nez des patients une éponge somnifère imbibée de diverses drogues dont la principale était le suc de Jusquiame.
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Oubliée jusq’en 1762, elle revient pour soigner certaines maladies nerveuses et l’épilepsie. On utilisait les feuilles, les racines et les semences de la plante sous forme de poudre, d’extrait et de teinture. On prescrivait également la Jusquiame sous forme de cigarettes ou de fumigations contre l’asthme et la bronchite.
Propriétés thérapeutiques :
La Jusquiame est un narcotique dont l’usage est réservé au corps médical. On l’utilise plus particulièrement comme anti-spasmodique et comme sédatif dans la maladie de Parkinson. Antalgique, elle soulage des douleurs engendrées par les calculs rénaux. Elle est parfois prescrite contre le mal des transports. En usage externe, les feuilles cuites, broyées et enveloppées dans une feuille de chou peuvent être utilisées en cataplasmes contre les douleurs de la goutte ou les rhumatismes.
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TOXICITE : si l’absorption cutanée des alcaloïdes permet de limiter la toxicité de la plante, son ingestion entraîne de graves troubles digestifs, cardiaques, respiratoires et visuels. Alors, si vous trouvez cette fleur pendant une de vos balades… contentez-vous d’une photo et protégez vos enfants en les tenant éloignés.
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Le nom botanique de la Jusquiame fait allusion aux compagnons d’Ulysse changés en pourceaux par la magicienne de Circé.
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JUSQUIAME NOIRE
Hyoscyamus niger du grec hys, hyos = "porc" et kyamos = "fève".
Famille des Solanacées.
Synonymes : Hannebane gauloise, Porcelet, Potelée, Herbe aux engelures, Herbe aux teignes, Mort-aux-poules.
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Origine et description : plante d’une hauteur de 30 à 80cm, plus ou moins répandues dans les décombres ou au bord des chemins. Originaire du sud de l’Europe et d’Asie occidentale, on la rencontre un peu partout en Europe, en Asie tempéré et en Afrique du Nord. La Jusquiame est couverte de longs poils un peu visqueux et dégage une forte odeur quand on l’effleure.
Principaux constituants : la plante renferme de puissants alcaloïdes*, principalement de l’hyoscyamine*, ainsi que de la scopolamine* et de l’atropine*.
* cf. Glossaire
[Source : Petit Larousse des Plantes qui guérissent]
Laetitia Paris – PhotoZcool.com